Intervention de Jessica WILLOCQ, Conseillère de l’Action Sociale, lors de la réunion conjointe du Conseil communal et du Conseil de l’Action sociale

Tout d’abord, nous voudrions féliciter le travail de la Ville et du CPAS pour
la mise en place et le renforcement des synergies ; il est en effet important, en
ces temps difficiles de réaliser ces économies dans les frais de fonctionnement
et de favoriser l’efficacité de nos services.

Ceci étant, nous avons cependant quelques remarques à formuler :

Premièrement, il est intéressant de recevoir la note sur les synergies ville-
CPAS, mais au-delà de cela nous aimerions avoir les résultats concrets de ces
synergies, ce serait plus intéressant.

Deuxièmement, concernant les synergies avec les services techniques, nous
remarquons encore une fois que l’on ne parle pas de stratégies d’économies
d’énergie. En effet, il y a déjà deux ans que j’ai interpellé le conseil ici même sur
cette question en proposant la réalisation d’un audit énergétique des bâtiments
conjoint, ville-cpas, afin de diminuer les factures publiques. Encore une fois,
nous voulons rappeler l’importance d’un audit énergétique qui permettra
d’identifier de façon stratégique et prioritaire les investissements les plus utiles
en matière de diminution de consommation d’énergie. Pour rappel, les
dépenses énergétiques du CPAS s’élève à 68 000€, et au budget 2015 sont
prévues à 88 000€. Une économie sur cette dépense de charge est possible et
ne serait pas négligeable.

On m’avait alors répondu que cet audit serait prévu plus tard via le plan d’action
Prévention Energie 2013-2015. Qu’en est-il ? L’argent économisé sur les
factures d’énergie, c’est de l’argent qui peut-être utilisé pour les politiques et
les usagers du CPAS !

L’arrivée d’un tuteur énergie au sein du CPAS afin d’accompagner les
ménages en difficulté et ainsi de réduire leur facture énergétique est une
proposition que nous soutenons, car le nombre de demandes des personnes
qui ont des difficultés à payer leurs factures d’électricité, gaz ne va pas
diminuer vu la réforme des allocations de chômages en janvier15 et
l’augmentation des travailleurs précarisés par la crise et les dernières mesures
gouvernementales.

Une avancée notable disais-je, mais cependant encore très théorique de
notre point de vue à ce stade. En effet, concrètement, nous n’avons pas eu la
réponse quant au nombre de suivi réellement réalisé par ce tuteur, car en effet,
faute à pas de chance me direz-vous, nous n’avons déjà plus de tuteur
actuellement.

Au sein d’un dernier Conseil CPAS on m’a dit que l’audit énergétique des
bâtiments du CPAS serait réalisé par ce nouveau tuteur énergie, mais est-ce
réalisable par une seule personne, pas toujours correctement formée ?
D’ailleurs, nous en sommes déjà à notre deuxième tuteur énergie, une autre
personne devra reprendre le poste … En attendant, pourriez-vous me dire
combien de ménages ont bénéficié réellement de ses services ?

Pour ce qui est de la réalisation de la journée Energie, nous sommes
toujours dans le volet préventif, elle a accueilli de nombreuses personnes dont
des enfants, ce qui est un enjeu futur important, je tiens d’ailleurs ici à
remercier tous les travailleurs qui y ont contribué. Mais, deux questions
demeurent : Profite-t-elle vraiment aux plus démunis ? Des personnes qui ont
participé à cette journée, quel est le nombre de personnes bénéficiaires d’une
aide au sein de notre centre ? et est-il opportun de dépenser +-3000€ dans
l’achat de bics (500), de lampes de poche (250), de calculatrices (150) à
distribuer lors de cette journée ? En ces temps de restriction budgétaire, ne
pourrait-on pas dépenser ce subside d’une manière plus efficace qu’en matériel
de communication, aussi symbolique soit-il?

A côté de cela, nous relevons positivement l’impulsion d’installer au sein
du Centre 250 spots Lampes LED ainsi que des lampes de bureau (+-5000€)
afin de réduire la facture d’électricité du CPAS, c’est un bon début, mais nous
appelons réellement à une politique innovante et responsable en matière
d’économie d’énergie qui ne rejette pas la faute sur le citoyen, non seulement
en l’intimant de réaliser des économies d’énergie à sa petite échelle mais en
réalisant des économies qui seront profitables au plus grand nombre, nous
espérons donc que nous allons aller plus loin et prendre de réelles mesures
structurelles pour réduire nos factures…

Le CPAS a également réalisé en 2013, suite à nos demandes, la
certification de ses logements sociaux, et le résultat est accablant, [9C, 16D, 2E,
23F, 30G !] (37%+28%), 65% sont en classe énergétique F ou G, les pires !, nous
savons que ceci résulte de choix du passé, mais il nous semble important de
relever ici qu’il y a lieu de rénover ou d’adapter ces logements afin que les
personnes précarisées qui y vivent ne doivent pas consacrer la majorité de leur
budget dans des frais de chauffage… (ou en médecin…) lesquels d’ailleurs,
dans certains cas, pourraient se répercuter sur nos structures d’aide sociale !
Qu’envisagez-vous dès lors de réaliser à l’avenir pour ces logements sociaux ?

Par ailleurs, en matière de logement, l’obligation depuis septembre 2013 pour
le bourgmestre de s’informer des logements disponibles avant de faire
procéder à une expulsion pour cause d’inhabitabilité est reprise dans la liste
des synergies. A juste titre. Nous souhaiterions connaître les résultats de ces
synergies. Qu’en est-il des résultats concrets ? Est-ce que les expulsions
donnent systématiquement lieu à un relogement sur le territoire de notre entité
? Comment le CPAS y répond-il ? Merci de nous tracer un tableau précis de la
situation.

Car nous avons eu des retours qui ne vont pas dans le même sens. Et si
aujourd’hui ça n’a pas toujours lieu, ce serait bien que ça ait lieu à l’avenir… Il
est donc en effet important de renforcer nos synergies avec les acteurs locaux
via la plateforme de concertation qu’est le Plan de Cohésion Sociale.

Je me félicite de voir la mise en place de clauses sociales au sein des
marchés publics, que nous avions demandée, mais ne peut-on pas y inclure
également systématiquement et conjointement les clauses environnementales ?
Nous plaidons également pour l’étude de faisabilité de marchés publics
communs pour l’achat de nourriture dans les crèches, les homes et les écoles,
ceci en y intégrant les producteurs locaux. Ce qui favoriserait le bien-être et la
santé de nos enfants ou parents, ainsi que nos agriculteurs et éleveurs.

Je sais que l’on m’a répondu que les marchés étaient trop importants et que la
mise en œuvre semble compliquée à réaliser, mais il existe des moyens via le «
clic local » – initié par l’Agence Wallonne pour la Promotion d’une Agriculture de
Qualité – par exemple. Il y a peu, deux CPAS par leurs Maisons de repos, une à
Eupen (Liège) et une autre à Jolimont (Mons) ont répondu à l’appel à projet qui
avait été lancé; je suis certaine que nous ne sommes pas moins capables
qu’elles en la matière.

Nous pourrions tout du moins tenter l’expérience et progressivement compléter
nos marchés publics actuels avec ce système qui favorise l’alimentation
durable, saine et équilibrée. Surtout que l’APAQ-W propose également un
soutien et des dossiers pédagogiques à destination de nos publics. Une réunion
d’information et d’échange avec des acteurs publics ayant tenté l’expérience
aura lieu à Namur ce 9 décembre prochain. Pensez-vous qu’une personne de
notre administration pourrait s’y rendre ?

Pour conclure, je parlerai des travailleurs et de mon inquiétude.
Quand on ne prévoit pas de remplacer les partants, quand on diminue le temps
de travail des travailleurs en 1ère ligne, quand on n’octroie pas de prime de fin
d’année à certaines catégories de travailleurs et que l’on doit effectuer toujours
plus de travail, cela ne me rassure pas sur la pression qui est faite sur ces
travailleurs.

Une enquête sur le bien-être au travail est prévue, c’est une bonne chose, nous
attendons avec impatience les résultats qui en ressortiront.
Mon inquiétude se porte sur les travailleurs et de facto sur les personnes qui
sont amenées à frapper à la porte de notre CPAS, à nos jeunes, …
Et pour paraphraser le Président du CPAS de Namur, M. Philippe Defeyt, dans sa
dernière lettre ouverte à M. Paul Magnette :

« … Je suis presque tétanisé de voir à quel rythme se creusent les inégalités :
entre les « in » et les « out », entre les enfants des « élites » et des familles plus
ou moins aisées et ceux de nombreuses familles populaires, pauvres, en
difficultés, voire même de classes moyennes quand elles sont touchées par la
crise et les mesures d’austérité.
Je suis plus frappé encore par l’indifférence au sort des autres qui a grandi dans
nos sociétés. »

Sommes-nous prêts à faire face aux enjeux qui se posent à nous maintenant et
qui vont s’imposer à l’avenir ?

J. WILLOCQ

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