A l’initiative d’Écolo, la société Vidts Recycling a été au centre des débats du Conseil communal du 4 mai dernier. Relayant une nouvelle fois le mécontentement grandissant des riverains de cette société de traitement des déchets située à Ghislenghien, j’ai demandé que Ville d’Ath et Wallonie prennent enfin leurs responsabilités pour faire cesser les nuisances engendrées par l’entreprise au mépris du respect des règles qui ont été édictées dans le permis unique de 2008.

Au terme de  notre interpellation, le bourgmestre s’est rangé à nos arguments. Il compte prendre ses responsabilités dans les jours qui viennent, notamment pour mettre fin à la présence d’une montagne de déchets de près de 15 mètres, où de nombreuses substances dangereuses ont été détectées, en ce compris de l’amiante. Nous attendons donc, avec les riverains, une évolution positive et rapide d’une situation qui dure depuis de nombreuses années.

Les écologistes sont convaincus qu’il y a moyen de travailler de manière plus moderne et plus propre. Pour preuve, d’autres centres de tri en Wallonie picarde travaillent avec des règles plus strictes et des normes plus élevées  (ISO 9001 et 14001, VCA, par exemple) au bénéfice de l’environnement et des travailleurs.

Ci-dessous, le texte l’interpellation de Ronny Balcaen.

Madame et Messieurs les membres du Collège communal,

En date du 23 avril dernier, le Conseil des riverains de la société Vidts Recycling, située chemin de Skippes à Ghislenghien, vous a adressé un courrier vous mettant en demeure de prendre toutes les mesures utiles et suffisantes pour faire cesser, sans délais, les atteintes au droit de l’environnement par cette entreprise.

C’est le dernier épisode d’un feuilleton qui a commencé il y a bien longtemps déjà. Ainsi, depuis octobre 2009, ce sont au moins 9 pro justitia qui ont été dressés à charge de la société.

Déjà en 2008, dans le cadre de l’enquête publique relative à l’octroi du permis unique, les riverains avaient expliqué qu’ils subissaient des nuisances «sonores et environnementales» liées au fonctionnement de la déchetterie: hauteur du tas de déchets, vitesse des camions, déchets dans les avaloirs, non-respect des plages horaires, poussières et odeurs, bruits.

Les mêmes reproches ont été reformulés lors de la dernière enquête publique, menée en 2014 pour une régularisation administrative du permis. A cette occasion, nous avions également pointé du doigt le non-respect des conditions d’exploitation prévues dans le permis et demander que le permis ne soit pas régularisé avant amélioration de la situation sur le terrain.

Votre Collège n’a pas suivi cette voie, non sans insister sur le respect des conditions de ce permis, dont l’obligation pour l’exploitant de «prendre toutes les précautions nécessaires dans le but de prévenir ou de limiter les effets négatifs sur l’environnement». Un an plus tard, on doit bien constater que cette injonction est sans effet. Force est de constater que l’exploitant ne se soumet toujours pas aux obligations qui lui incombent.

1. « les volumes de stockage extrêmes connus actuellement doivent totalement cesser ; l’activité sera organisée en flux plus tendus, avec une diminution du stockage tampon et une plus grande circulation des déchets. En aucun cas, à cet endroit, le tas de déchets ne doit s’étendre au-delà de la dalle en béton et, de plus, la hauteur maximum du tas ne pourra dépasser 2 mètres de hauteur ; »

Cette condition n’est absolument pas respectée. On peut estimer à ce jour que le tas de déchet culmine à une hauteur comprise entre 12 et 15 mètres, parfaitement visible depuis les habitations voisines. Depuis peu, la montagne de déchets est surmontée d’un imposant cribleur. Il ressortirait du dernier rapport du DPC qu’il serait laissé à l’exploitant un délai jusque fin octobre pour réduire cette montagne de déchets à 2 mètres. Pour les riverains qui subissent les désagréments, c’est un délai beaucoup trop éloigné. D’autant plus que contrairement à ce que lui aurait été intimé par le DPC, les camions de déchets continueraient d’alimenter le site.

2. « (…) il est formellement interdit de détenir sur le site des déchets de matériaux de construction contenant de l’amiante ! »

Or, il semble que le DPC ait procédé à des analyses du tas de déchets en décembre 2014 démontrant la présence de particules d’amiante ! Confirmez-vous cette information?

Les beaux jours reviennent, et avec eux le risque que le tas de déchets ne produise des poussières qui se répandront dans l’environnement proche, et notamment les jardins des habitants de Ghislenghien.

Il est temps d’agir avec plus de sévérité contre la nonchalance, l’arrogance et les vaines promesses de l’exploitant de l’entreprise qui se croit un peu tout permis.

Le droit à un environnement sain, garanti par l’article 23 de la Constitution, « est par nature une question d’intérêt collectif, relevant de l’intérêt communal », pour reprendre les termes de la mise en demeure qu vous a été adressée, « la Commune dispose d’une compétence importante en matière de gestion des atteintes à l’environnement et dispose d’un pouvoir étendu en matière de surveillance et de sanction des atteintes à l’environnement. »

Vous disposez à cet égard d’une large palette de décisions en cas d’infraction aux législations environnementales. Quelles sont-celles que vous comptez mettre en œuvre pour rétablir enfin les conditions initiales d’exploitation indiquées dans le permis?

Je vous remercie pour vos réponses.

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