Finances de la Ville et du CPAS, inondations du mois de juin, projet de gare TGV à Ath. Compte-rendu des interventions des conseillers Jessica Willocq et Ronny Balcaen lors du Conseil communal du 2 juillet 2016

CPAS : le personnel sous pression

Nous ne reviendrons pas sur les débats qui ont eu lieu en commission des Finances. Nous voulons ici insister sur les économies qui sont réalisées au sein du Service social pour les frais de personnel. Cela nous pose question. En effet, le dernier rapport sur le bien-être au travail relève la pénibilité du travail au sein du service social de première ligne. Le nombre de RIS a augmenté de 360 à 391. Les demandes de prêts augmentent aussi. On voit là les conséquences du chômage et des mesures d’austérité qui pèsent sur la population. De ce fait, les tâches qui incombent au Service social ne cessent d’augmenter de façon structurelle ou ponctuelle, comme par exemple avec l’aide apportée par les assistances sociales aux personnes victimes des inondations. Cela accroît la charge et la pression exercée sur les assistantes sociales.

Nous restons donc inquiets quant aux conditions de travail. Et demandons donc qu’on analyse la possibilité d’engager du personnel afin de continuer à offrir un accueil et un service de qualité sans essoufflement des travailleurs.

Inondations du mois de juin

Avec vous, monsieur le Bourgmestre, nous remercions l’ensemble services de la ville et du CPAS qui ont été sur le pont durant les épisodes d’inondation que nous avons connus. Des pluies continues et de plus en plus intenses (juin 2016 se termine, avec la valeur de quantités de précipitations la plus importante depuis le début des mesures climatologiques prises à Uccle, en 1833) qui ont provoqué des dégâts chez les particuliers. Le service des finances estime par ailleurs les coûts pour la Ville à 90.000 EUR. Coïncidence, il s’agit là du montant de la provision Climat qui doit servir à mener des projets écologiques. Ce que l’on met aujourd’hui dans la prévention du dérèglement climatique, on doit aussi l’investir dans la réparation des dégâts causés par ce changement climatique. Comme le précisent les météorologues du site méteobelgique.be, « Le fait que les changements les plus remarquables dans les quantités de précipitations s’observent en été et en hiver semble privilégier l’hypothèse du réchauffement climatique. »
Nous insistons pour que nous avancions plus rapidement dans la concrétisation de notre engagement européen et que nous lancions dès lors notre plan pour une énergie durable en fixant nos objectifs de réduction des gaz à effet de serre d’ici 2020, à l’instar de notre commune voisine d’Ellezelles qui vient de s’engager à réduire de 20 % d’ici 2020 ces émissions.

Un endettement qui repart à la hausse et des pratiques qui interpellent

Le compte 2015 de la Ville nous montre une érosion du boni global. Un constat que l’on fait d’année en année et qui montre combien la réalité continue à peser sur les finances de la Ville. Je voudrais insister aujourd’hui sur un autre élément inquiétant : celui de l’augmentation de la dette de 1,83 % entre 2014 et 2015, conséquence de la politique d’investissement de la Ville. Et pourtant, votre engagement était de stabiliser la dette, à défaut de la réduire. 1,83 % ce n’est peut-être pas beaucoup, mais voilà des coûts qui repartent à la hausse. Et la dette représente aujourd’hui 17 % de nos dépenses annuelles, plus que ce qui est consacré aux dépenses de fonctionnement. On peut bien évidemment plaider pour un engagement des pouvoirs locaux dans une politique de la relance par les investissements publics. Encore faut-il avoir des finances saines et un endettement raisonnable. Ce n’est malheureusement pas le cas de notre Ville.

J’insiste, également, comme l’année dernière, sur les dépenses classées en Article 60. ces dépenses qui ont été imputées et exécutées sous la responsabilité du Collège, après refus du Directeur financier de les assumer. En 2014, l’ensemble de ces dépenses représentaient un peu plus de 150.000 EUR. Pour l’année 2015 qui nous occupe aujourd’hui, ces dépenses montent à près de 500.000 EUR. C’est une augmentation de plus de 200 % ! Deux exemples me préoccupent : </p><p>
Ainsi une somme de plus de 15.000 EUR qui a été dépensée pour de la consultance en communication et de la création d’outils de communication pour la Ducasse, et ce sans mise en concurrence et sans bon de commande. C’est contraire à une utilisation correcte de l’argent public. En mettant les opérateurs en concurrence, on pourrait sans doute faire des économies. Et on ne peut même pas invoquer l’urgence. On sait quand même plus ou moins quant tombe la Ducasse… même si en 2015 elle s’est déroulée un peu plus tôt que d’habitude.

Autre situation interpellante. Dans le cadre d’une négociation plus large, le collège communal efface une ardoise de 5.541 EUR qu’on citoyen doit en vertu du règlement taxe sur les immeubles inoccupés. Qu’en est-il alors de l’égalité des citoyens devant les règlements communaux ? Elle est ici clairement remise en cause.

Situations interpellantes. Montants concernés en hausse vertigineuse. Même si on peut accepter, pour le bien de la Ville, que certaines petites dépenses puissent se faire rapidement, nous ne pouvons pas accepter le développement des pratiques où ne respectent plus des principes essentiels de gestion et d’éthique.

Une gare pour les pandas, pas pour les Athois

Depuis mardi et l’annonce du projet d’une gare TGV, au milieu des champs, sur le site du Coucou, on vit quand même quelque chose de formidable. Et comme beaucoup, je me suis demandé si nous n’étions pas le 1er avril. Une gare TGV : un projet dont personne n’avait jamais entendu parler jusqu’ici. Un projet dont personne n’avait jamais parlé jusqu’ici. Un projet à propos duquel personne, citoyen ou représentant, n’a été consulté jusqu’ici. Ni à Ath. Ni dans le Val de Dendre. Ni en Wallonie picarde. Une gare TGV ? Un projet venu d’ailleurs, proposé par trois bourgmestres de la région de Mons : celle de Jurbise, ceux de Dour et de Mons sans concertation aucune avec notre ville et notre région. ça n’est pas une manière de faire de la politique. A-t-on demandé aux Athois, élus et citoyens, leur avis? A-t-on rencontré avant l’annonce de projet les habitants d’Arbre dont l’environnement et le quotidien seront affectés par la construction d’une nouvelle voie ferrée entre la ligne 90 Ath-Mons et la ligne 94 Tournai-Bruxelles?

Cette gare TGV,ce n’est pas une gare pour les Athois. C’est une gare est pour les pandas. Soyons clair : les Athois ont déjà une gare TGV. Elle est à 35 ou 40 minutes de chez eux en train. Et cette gare, c’est celle de Bruxelles-Midi. S’il fallait permettre à chaque habitant de Wallonie picarde de disposer d’une gare TGV à 5 minutes de chez lui, il n’y aurait tout simplement plus de train à grande vitesse. Et rappelons que la gare de Lille-Europe reste proche aussi des habitants de Wallonie picarde.

Au-delà de la manière, le fond du dossier, très léger, pose aussi question. Où sont les études socio-économiques sur l’intérêt d’une gare TGV chez nous? Où sont les études qui démontreraient que les Athois sont demandeurs d’utiliser cette gare? Où sont les études de rentabilité qui garantissent que ce ne sont pas les pouvoirs publics qui vont devoir éponger, chaque année, le déficit d’un tel projet? 40 Millions pour ce projet de gare, comme le dit Jacqueline Galant toujours un peu fâchée avec les chiffres ? La gare de Marne-la-Vallée, c’est un projet de plus de 100 millions EUR, dont près de 40 millions payés par Euro Disney… Cette gare coûtera bien plus que 40 millions sans compter les projets d’infrastructure qui sont annoncés. Des dizaines de millions EUR pour une gare TGV où deux trains s’arrêteront le matin et deux autres le soir? Alors que la gare d’Ath ne bénéficie, elle, toujours pas des facilités bien nécessaires aux voyageurs d’un jour ou de tous les jours ; un ascenseur, des escalators, des quais rehaussés pour permettre une entrée aisée dans le train, avec vélo, bagages ou poussettes ? Nous nous y opposons. Car la cure d’austérité imposée par les gouvernements successifs nous obligent à revoir nos priorités. Et notre priorité à nous, écologistes, ce sont les voyageurs qui empruntent le train vers Mons, Tournai ou Bruxelles. Et qui réclament depuis longtemps des trains à l’heure et des trains propres, des places assises pour tout le monde, et des trains qui vont beaucoup plus vite qu’aujourd’hui. C’est là que nous voulons que la SNCB, l’État fédéral et la Wallonie mettent leurs priorité et leurs moyens budgétaires.

Pour Ecolo, les deux projets à mettre en œuvre pour remettre les usagers au cœur de nos préoccupations, qu’ils visitent Pairi Daiza ou qu’ils utilisent le train au quotidien pour leurs déplacements de travail sont les suivants :

1. La possibilité enfin rencontrée de permettre aux trains IC de rouler sur la ligne à grande vitesse à partir d’Ath, ce qui permet de gagner 11 minutes de trajet vers Bruxelles. Ce qui est possible pour les Liégeois sur la LGV2 doit l’être pour les habitants de Wallonie picarde, même si des obstacles persistent aujourd’hui, mais ils sont surmontables.<br>
2. La modernisation de la ligne 90 entre Lessines et Ath avec des temps de parcours réduits, du matériel roulant moderne et deux trains par heure pour offrir une réelle alternative à la voiture pour les visiteurs de Pairi Daiza, les jeunes et les travailleurs.

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