Fin de semaine dernière, le bourgmestre Marc Duvivier a communiqué urbi et orbi à propos de l’abandon de la filière plomb par Flaurea (voir par exemple ici). Dans la recherche de « coupables », Marc Duvivier ciblait en particulier « un responsable de la société, depuis lors licencié, (qui) avait fait réaliser des tests sans informer le fonctionnaire dirigeant, et par conséquent, la Ville. »

Nous prenons connaissance aujourd’hui, sur le site dhnet.be, des dénégations de l’employé mis en cause. Il s’agit en fait de l’ancien directeur du site. « Je vous confirme que mon licenciement n’a aucun lien avec cette affaire », déclare Laurent Mangnan. « La vérité dans ce dossier est passablement différente que celle annoncée par le Bourgmestre. Mon licenciement a un lien avec un début de trafic de déchets industriels entre la France et la Belgique au début 2016 que je n’ai pas voulu couvrir (…).

Pour rappel, lors du comité d’accompagnement du 6 octobre 2015, il est porté à la connaissance des participants que l’unité de plomb a été redémarrée pour faire des essais. Le représentant de la Région wallonne rappelle qu’il faut une autorisation. Le compte-rendu de la réunion précise alors que « Monsieur PICARD et Monsieur DUVIVIER se sont entendus pour une autorisation pour faire des essais. » Monsieur Picard est le responsable du groupe Aurea que les Athois ont découvert lors de la réunion publique du lundi 3 juillet…

Nous constatons que deux thèses s’affrontent donc sur les responsabilités de la remise en route de l’unité de plomb sans autorisation. Laquelle reflète la vérité ?

Mais des préoccupations se font aussi jour concernant la situation actuelle. Ainsi :

  1. Pourquoi Flaurea Chemicals fait-elle la promotion sur son site web de son produit Florstab®, « une production de stabilisants au plomb intégrée »,  et pourquoi met-elle en avant les sels de plomb (stéarates neutre et dibasique de plomb, phosphite dibasique de plomb, sulfate tribasique de plomb) et des formulations « sur-mesure » à base de Plomb ?
  2. Pourquoi la société Aurea France, groupe dont fait partie Flaurea Chemicals, fait-elle sur son site web la publicité des produits de Flaurea dans les termes suivants : « En poursuivant le développement d’applications principalement pour les batteries et les piles (avec les sels de Zinc, de Plomb et de Cadmium), le revêtement de surface (avec les sels de zinc) et la stabilisation du PVC (avec les sels de Plomb), (Flaurea) apporte des solutions sur mesure qui répondent aux besoins de ses Clients ? »
  3. Comment se fait-il que la moyenne des concentrations en plomb mesurées à la station située à l’Hôpital, est à ce jour de 13,65 ng/M3 pour l’année 2017 (58 valeurs mesurées), soit plus du double de la moyenne de 2015 (5,88 ng/M3 pour 359 valeurs mesurées) ?

Depuis la fin de la période de test et de remise en route des installations de production de stabilisants à base de plomb, que s’est-il passé ? Ces installations sont-elles à l’arrêt ou fonctionnent-elles ? Des commandes ont-elles été honorées ? Ou au contraire, les sociétés Flaurea et Aurea feraient-elles la publicité d’un produit qui n’existe pas ?

Sur les déclarations de l’ancien dirigeant concernant un début de trafic de déchets industriels ainsi que sur la production de stabilisants à base de plomb depuis la reprise du site par Flaurea, nous interpellons le Ministre wallon en charge de l’environnement, en particulier sur l’action de ses services pour faire respecter les lois, pour la transparence des procédures et pour la santé de nos citoyens.

 

Ronny Balcaen et Jessica Willocq

Conseillers communaux

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