Dès son entrée en fonction, le ministre des Finances Johan Van Overtveld a fait part de sa volonté de privatiser Belfius. En juillet 2017, le gouvernement fédéral a pris, sans aucun débat public préalable, la décision de privatiser Belfius, par une introduction en bourse d’une partie de son capital. Cette opération est en cours de préparation. Elle repose sur le dogme selon lequel l’État n’aurait pas vocation à gérer une banque.

La motion que le groupe Écolo dépose aujourd’hui pour un débat lors du prochain conseil communal demande au Gouvernement fédéral de revenir sur sa décision de privatisation partielle de Belfius et de maintenir complètement la banque dans le domaine public, de doter Belfius d’objectifs d’avenir ambitieux favorisant l’accessibilité de tous les citoyens et de toutes les entreprises, petites et grandes, à un service bancaire universel, d’assurer, via Belfius, le service financier et le financement des collectivités locales, du secteur associatif, des acteurs de l’économie réelle et des objectifs en matière climatique et énergétique de la Belgique. Le texte est fortement inspiré d’une initiative de la plate-forme « Belfius est à nous »,  soutenue par plus de 30 organisations, ONG et syndicats. Cette dernière a été créée pour impulser un débat public sur l’avenir de Belfius, organiser la contestation contre la privatisation de la banque et démontrer l’intérêt d’une banque publique pour la population de Belgique. Le but est que la banque puisse poursuivre le développement de ses activités au service des collectivités locales, du secteur associatif et de l’économie locale

Belfius, une banque sauvée du désastre de 2008 par le public

En 2011, à la suite de la crise financière qui avait vu la quasi faillite du groupe Dexia, l’État belge a racheté pour 4 milliards d’euros Dexia Banque Belgique, la composante belge du groupe rebaptisée quelques mois plus tard « Belfius ». Dans le même temps, l’État fédéral a apporté une garantie très importante à Dexia sa, la structure de défaisance chargée de gérer le passif du groupe pendant des dizaines d’années.

Grâce à son fort ancrage belge, grâce au soutien de son actionnaire l’État fédéral, et donc de tous les contribuables, grâce aux sacrifices assumés par les travailleurs de la Banque et au maintien de la plupart de ses relations commerciales antérieures à la crise, Belfius est aujourd’hui redevenue une banque solide et générant un dividende annuel important, reversé à l’État fédéral. Sauvée par le public, la banque doit rester publique.

 

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