Sachant que la Belgique ne produit actuellement que +/-60% de sa consommation de lait de chèvre et que le prix d’achat aux producteurs est parfois proche du double de celui de la vache, la filière de l’élevage caprin est incontestablement une piste de diversification à prendre en considération. Par ailleurs, avec une indéniable qualité nutritionnelle (peu de lactose, riche en vitamines, proche du lait maternel, …) et l’étendue des possibilités des produits dérivés, nous sommes convaincus que l’élevage caprin wallon est un secteur d’avenir.

Cela étant, Écolo privilégie avant tout les projets qui nous engagent dans la transition écologique par des pratiques agricoles de qualité et garantissent une alimentation durable. D’ailleurs, nous orientons les demandes d’activités vers les méthodes d’élevage respectueuses des producteurs, de l’environnement, de la santé du consommateur et du bien-être animal.

Nous sommes convaincus que développer les circuits courts et soutenir l’agriculture paysanne est primordial. Car consommer les aliments produits localement réduit à la fois l’impact sur l’environnement et les coûts logistiques. En plus de permettre de recréer le lien entre consommateurs et producteurs, le circuit court garantit à ces derniers une meilleure rémunération et davantage d’autonomie, de résilience.

Dès lors, en passant d’un cheptel d’un millier de bêtes à potentiellement plus de cinq mille, l’extension de la chèvrerie de Gibecq l’éloigne radicalement des modèles que prône Écolo…

Ce type d’exploitation relève de l’hyper industrialisation et non pas d’un élevage à l’échelle de notre région. Si bien qu’à terme, la demande démesurée engendrée par cette seule exploitation risquerait fort de raréfier paille et foin dont les prix ne pourraient que s’envoler, contrairement à celui du lait qui, lui, serait revu à la baisse.

Les retombées économiques régionales s’annoncent pratiquement nulles puisque la production laitière ne serait pas valorisée localement et qu’on ne peut pas parler de création significative d’emplois locaux.

Un tel élevage, intensif, condamne le cheptel à être cloitré hors sol, sans jamais voir le jour et à une promiscuité telle que, pour éviter la propagation de maladies, le recours prophylactique aux médicaments et antibiotiques est systématique. Dans de telles conditions, peut-on encore décemment parler de bien-être animal ?

En conclusion, pour rester fidèles à nos valeurs et dans le respect des citoyens qui nous accordent leur confiance, nous ne soutenons absolument pas le projet d’extension de la chèvrerie industrielle de Gibecq car nous sommes convaincus de son inadéquation, notamment, avec notre volonté de maintenir une agriculture familiale et de lutter, ici maintenant, contre les causes du réchauffement climatique. Nous soutiendrons le développement d’une filière d’élevage bio qui permettrait l’implication des éleveurs et la valorisation de la production sur notre territoire, basée sur des exploitations de taille raisonnable.

A  cet effet, nous insisterons auprès de nos relais à la Région Wallonne pour qu’ils continuent à proposer des modifications du cadre réglementaire et législatif en faveur d’un élevage réellement durable.

Ronny Balcaen
Conseiller communal
Laurent Delvaux
Candidat aux élections communales

 

 

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